Charlène Pons revient au Phare pour une nouvelle étape de travail.
"Dans l’imaginaire collectif, le caprice est directement relié au monde de l’enfance. Lorsqu’un enfant fait un caprice, on dit qu’il se met dans tous ses états pour faire entendre ses émotions parce qu’il n’a pas d’autres moyens pour exprimer sa colère, sa peur, sa frustration, etc. Dans ce solo, il est également question de vivre des émotions comme un enfant, sans filtre, et à vif. A l’âge adulte, ces caprices futiles et explosifs d’enfants n’ont plus la possibilité de sortir aussi librement. Ils sont alors souvent censurés, puis se cristallisent et se transforment en monstres intérieurs. Profondément liés aux émotions, nos monstres intérieurs sont la matérialisation de nos émotions ravalées, cachées, encaissées. Des amas d’émotions figées qui pourrissent de l’intérieur et tendent vers l’implosion. Caprice représente une forme de délivrance pour celles et ceux qui sommeillent en nous, une façon de mettre en liberté ces émotions sur scène, tel un lâcher de monstres. Pour moi, ce n’est ni sous le lit, ni dans l’armoire ou dans les légendes que se trouvent les vrais monstres, mais plutôt à l’intérieur de chacun·e d’entre nous. D’ailleurs ce solo, il s’agit en quelque sorte d’un retour en enfance, là où l’on avait une peur bleue des monstres sans vraiment en connaître la raison. A l’époque, je me souviens vérifier chaque soir avant de m’endormir, que mon placard était bien fermé et qu’aucun monstre ne pourrait tenter de sortir me rendre visite pendant mon sommeil. Et aujourd'hui, j’ai envie d’ouvrir le placard, de me faire face, d’aller regarder ces monstres et de les partager au grand jour. Ce sont ces parties vacillantes et fragiles de moi que j’ai envie de laisser vivre dans ce solo. Des parts si sombres et finalement si lumineuses dès qu’on les laisse prendre l’air. Les monstres ne sont plus si laids une fois sortis de l’obscurité."
– Charlène Pons